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Mariage avec soi-même: un rituel d’amour de soi pour se choisir pleinement

Pourquoi j’ai décidé de me marier avec moi-même


Pendant longtemps, j’ai cherché à être choisie par les atures. À être validée et à être aimée de l’extérieur. J’ai longtemps cru que l’amour se méritait. Qu’il se gagnait par la performance et par l’adaptation. J’ai souvent cherché à devenir celle que l’on attendait de moi plutôt que celle que j’étais réellement.


Puis, au fil des dernières années, quelque chose a commencé à se transformer en moi. J’ai découvert le concept de l’amour de soi et j’ai entamé un cheminement d'exploration et de transformation intérieure.


Un jour, alors que je participais à un atelier de yin yoga et poésie, quelque chose s’est éclairé en moi. J’ai compris que j’étais rendue à une étape essentielle de mon parcours : me choisir moi-même, consciemment, pleinement.


Un mariage est habituellement un engagement entre deux personnes à se choisir et à soutenir pour le meilleur et pour le pire. Je me suis inspirée de cette tradition pour honorer ce qui est, pour moi, la relation la plus fondamentale de toutes: celle que j’entretiens avec moi-même. Car je suis la seule personne qui m’accompagne depuis ma naissance et qui me suivra toute ma vie.


Le mariage avec soi-même peut sembler surprenant. Il peut même déranger. Mais pour moi, il s’inscrivait dans une démarche d’amour de soi. Cette cérémonie symbolique était une célébration devant témoins d’un choix que je portais déjà dans mon cœur.


J’avais besoin de le rendre visible.

De le célébrer.

De l’ancrer dans la matière.


Me marier avec moi-même n’était ni un geste égoïste, ni un rejet de l’amour romantique. C’était une réclamation. Une façon d’affirmer que je suis responsable de mon bonheur. De ma vie. De mon bien-être. Que la relation la plus engageante de mon existence mérite d’être honorée avec autant de sérieux que n’importe quelle autre.


Dans une société qui essaie sans cesse de nous convaincre qu’il nous manque quelque chose pour être heureux; un partenaire, une réussite, un bien matériel, une validation extérieure... j’avais envie de poser un geste différent. Un geste à la fois doux et radicalement courageux.


C’était un engagement à m’aimer d’abord, pour mieux aimer les autres.

C’était dire oui.

Oui à la vie.

Oui à mon expérience humaine.

Oui à mes zones lumineuses et à mes zones plus fragiles.


Et je voulais vivre ce passage important entourée de personnes que j’aime et qui m’aiment. Partager avec elles la joie que je ressens quand je m’autorise à être pleinement moi.


J’avais intentionnellement choisi la date du 8 août 2024. Le 8-8-8.


Le chiffre huit m’évoque l’infini, le mouvement continu, le cycle qui ne se ferme jamais vraiment. Choisir cette date était une façon d’inscrire cet engagement dans quelque chose de durable. De magique. De symboliquement puissant.


Laurence accompagnée de ses parents lors de son rituel de mariage à elle-même dans la forêt
À 11h11, le rituel a commencé. Je tenais les mains de mes deux parents.

Le jour du rituel: être vue, accompagnée et célébrée


Le jour de la cérémonie, la forêt était calme et le soleil était au rendez-vous.


Je portais une robe que j’avais choisie avec soin, spécialement pour cette journée, et des ailes de fée fabriquées par une artiste en Australie reposaient dans mon dos. Je me sentais fière, un peu nerveuse et surtout, profondément heureuse de prendre le temps de célébrer la vie.


Ma mère m’a surprise avec un bouquet de tournesols, lumineux et vivants, comme elle et moi. Mon amoureux avait construit une arche à partir d’un arbre de la forêt. Nous avions embellit l'espace avec des fleurs sauvages, des tissus blancs et quelques décorations entre les arbres.


À 11h11, le rituel a commencé. Je tenais les mains de mes deux parents. Ce geste n’était pas arrivé depuis plus de vingt ans, depuis leur séparation, je me suis sentie comme une petite fille à nouveau.


Nous avons marché ensemble vers l’autel, installé dans ma cour, au cœur de la forêt que j’habite et que j’aime profondément. La chanteuse à qui j’avais confié le rôle de célébrante chantait All That You Are de Fia pendant que nous avancions. Sa voix douce soutenait l’instant avec des paroles significatives:


"We have gathered here today

To witness the marriage

Between two seemingly opposites

Shadow loving light

Light loving shadow

An ending to the inner war"


Je me sentais à la fois adulte et enfant.

Ancrée. Vulnérable. Soutenue. Vivante.


J’avais composé le texte et le déroulement de la cérémonie, en m’inspirant des mariages traditionnels et des rituels que je crée dans mon travail de célébrante de la vie. J'avais demandé à une chanteuse rencontrée durant une cérémonie funéraire si elle pouvait m'accompagner durant le rituel pour chanter et être ma célébrante pour que je puisse recevoir et vivre pleinement ce moment symbolique.


À un moment, j’ai nommé à voix haute ce que j’aime profondément en moi. Je l'ai fait devant le miroir que j'avais placé à l'avant, pour me regarder et être présente avec moi-même.


Puis est venu le moment du rituel des étincelles. Chacun tenait une grande baguette scintillante dans ses mains. Nous les avons allumés en chantant This Little Light of Mine pour faire rayonner chacun notre lumière intérieure, ensemble! Voir toutes ces petites flammes pétiller et entendre les voix de mes êtres chers se rassembler dans la forêt… c’était profondément touchant. Il y avait dans ce moment quelque chose de très simple, enfantin, et en même temps très sacré.


Extrait du rituel des étincelles lors de ma cérémonie de mariage à soi-même

J'avais choisi de conclure ma cérémonie de mariage avec soi-même avec ma chanson préférée All My Life Is a Ceremony de Doe Paoro. Nous avons pris un temps pour nous connecter à la gratitude et nous avons ensuite soufflé des bulles dans les airs, pour envoyer nos pensées d’amour partout autour de nous et au-delà.


"Bride to the unknown

My vow is to spirit

[...]

Humility, you have been a most tender teacher

Mystery, show me how to surrender

Cause I'm still learning

I'm still learning

All my life's a ceremony"


Je ne m’attendais pas à ce que mon mariage avec moi-même déclenche autant d’émotions chez mes invités. Je savais que ce serait symbolique. Je ne savais pas que ce serait si touchant.


J’ai été surprise de voir autant de larmes:

Dans les yeux de ma mère.

Dans ceux de mon père.

Dans ceux de ma tante.

Deux ceux de mes ami·e·s.

Dans les miens.

Même mon amoureux était ému.


Il y avait quelque chose de magique dans l’air ce jour-là. Une vulnérabilité partagée. Comme si, en me choisissant, j’autorisais aussi chacun·e· à se reconnecter à quelque chose d’essentiel en eux.


Après la cérémonie, plusieurs personnes sont venues me serrer dans leurs bras. Elles m’ont confié à quel point elles avaient été touchées. J’ai reçu des cadeaux remplis de sens et des cartes écrites à la main.


Nous avons partagé un repas auquel tout le monde avait contribué. Des plats préparés avec amour. Les conversations s’entremêlaient et apportaient de la légèreté après l’intensité du rituel.


Ce que ce rituel de mariage avec soi-même a transformé en moi


Lors de cette cérémonie, avant de me passer la bague au doigt, j’ai pris le temps de nommer mes voeux à voix haute sous la forme d'engagements que je prenais envers moi-même. M'entendre les dire devant témoins, c’était pour m’ancrer en moi plutôt que de continuer à me définir à travers le regard extérieur. C’était reconnaître que la relation la plus stable, la plus durable et la plus engageante de ma vie, c’est celle que j'entretiens avec moi-même.


Je me suis engagée entre autres à m’amuser et à transformer mon quotidien en célébration. À prendre la responsabilité de mon bien-être. À m’accueillir dans toutes les parties de mon expérience humaine, même les plus fragiles. À me donner l’amour que je souhaite recevoir. À pratiquer la gratitude aussi souvent que possible.


Ces mots n’étaient pas des promesses parfaites. C’étaient des intentions vivantes. Des repères pour continuer d'avancer sur mon chemin de découverte de l'amour de soi.


Depuis ce jour, je porte ma bague à tous les jours. Elle me rappelle que je me suis choisie. Que je suis responsable de mon bonheur. Que je peux me soutenir dans toutes les expériences qui se présentent à moi. Que je suis ma priorité.


Laurence lors de son mariage à elle-même, devant un miroir dans la forêt, portant des ailes de fée
Me regarder dans le miroir, au coeur du rituel, et dire oui à toutes les parties de moi.

Ce rituel n’a pas changé ma vie extérieure du jour au lendemain. Mais il a profondément transformé quelque chose en moi. Je ne peux plus faire semblant d’oublier mes besoins. Je ne peux plus me trahir. Et je suis convaincue que ce choix n’a rien d’égoïste.


Choisir de s'aimer d'abord et avant tout et s'ancrer en soi ne coupe pas du monde. Au contraire, je crois profondément que cet ancrage permet d’entrer en relation avec la vie et avec les autres de façon plus saine, plus honnête et plus aimante.


Aimer sans se perdre.

Donner sans s’épuiser.

Recevoir sans se sentir indigne.


Quelques semaines avant la cérémonie, je venais de terminer une première formation d'initiation au clown thérapeutique avec la Caravane Philantrope. Cette expérience m’avait confrontée à mes zones plus vulnérables, plus imparfaites, plus humaines. Le mariage à moi-même venait sceller cette acceptation de toutes mes parties.


Aujourd’hui encore, le souvenir de cette cérémonie continue de me soutenir. Elle me rappelle que la vie est précieuse. Qu’elle mérite d’être célébrée. Et que chaque engagement posé avec conscience peut devenir un acte de guérison, de joie et de vérité.


La chanteuse qui m’accompagnait m’a confié plus tard que cette expérience l’avait elle aussi transformée. Et je crois profondément que c’est cela, la puissance des rituels vécus en communauté : ils ne touchent jamais qu’une seule personne. Ils créent des ondes. Ils ouvrent des espaces invisibles où chacun peut déposer quelque chose. J’ai compris ce jour-là que se choisir peut aussi devenir un cadeau offert aux autres.


Se choisir pour mieux aimer


Ce mariage avec moi-même n’était pas un spectacle. C’était un rituel de passage. Un moment pour prendre le temps de me regarder en face. Pour dire oui à ma vie telle qu’elle est, avec sa beauté, ses défis, ses contradictions et ses zones d’ombre et de lumière.


Ce choix n’a pas été accueilli de la même façon par tout le monde.


Lorsque j’ai parlé de mon intention de me marier avec moi-même, mon père était confus. Il ne comprenait pas. Il croyait que j’allais épouser mon amoureux. L’idée lui semblait étrange. Mais il a cheminé. Sa femme a fait des recherches et découvert que le concept de solo-wedding existait ailleurs dans le monde. Peu à peu, la surprise a laissé place à la curiosité. Puis à l’ouverture. Le jour de la cérémonie, ils étaient là. Présents. Émus. Soutenants. Et ce soutien, venu après l’incompréhension, avait encore plus de valeur.


D’autres personnes m’ont posé la question avec curiosité, parfois avec une pointe d’inquiétude : « Est-ce que ton amoureux est jaloux? » Non. Au contraire. Il était touché. Fier. Et il m’a soutenue du début à la fin.


Je ne serais pas en couple avec lui si la relation que j’entretiens avec moi-même menaçait la nôtre. Pour moi, cela ne ferait aucun sens. Plus je prends soin de moi, plus je suis épanouie. Et plus je suis épanouie, plus notre relation peut être libre et vivante. Je ne suis pas avec lui pour combler un vide. Je ne lui demande pas de porter mon bonheur. Je suis responsable de mes besoins, de ma joie, de mon équilibre. Et nous nous rencontrons à partir de là, non pas dans le manque, mais dans la plénitude.


Ce rituel ne remplaçait aucune relation. Il les clarifiait.


Certaines réactions ont été plus critiques, parfois même ouvertement jugeantes. Et pour être honnête, cela m’a ébranlée. Il m’a fallu du temps avant de me sentir prête à raconter publiquement ma démarche. Ce délai n’était pas un doute sur mon choix. C’était le temps nécessaire pour que mon engagement devienne suffisamment solide à l’intérieur pour ne plus dépendre du regard extérieur.


Au fond, ces réactions ont renforcé quelque chose en moi. Se choisir ne dépend pas de l’approbation des autres. Et c’est précisément pour ça que ce rituel était nécessaire pour moi.


Je ne crois pas que tout le monde a besoin de se marier avec soi-même. Mais je crois profondément que nous avons tous besoin, à un moment ou à un autre, de nous choisir. Pas contre les autres. Pas pour prouver quoi que ce soit. Mais pour nous ancrer. Se choisir, ce n’est pas se fermer à l’amour. C’est offrir à l’autre une présence entière, plutôt qu’une attente.


Et si ce récit vous touche, peut-être que ce n’est pas un hasard. Peut-être qu’une partie de vous attend, elle aussi, d’être reconnue. Il existe mille façons de se choisir. Un rituel. Une décision silencieuse. Un engagement intérieur. Et chacune mérite d’être honorée.


Avec bienveillance,

Laurence SF Phare

Célébrante & accompagnante des passages de vie

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